samedi 16 septembre 2017

Cinéma, création et solidarité

Je manque cruellement de temps pour venir par ici ces temps-ci, mais c'est pour une bonne raison : je passe mes journées à CRÉER. Je le fais à différents niveaux et je retrouve ce feeling si délicieux de l'apparition de quelque chose là où il n'y avait rien.

Ma vie se déroule donc entre trois lieux : bureau, plateau, atelier et je vous parle de tout ceci, car dans l'un d'entre eux, j'ai besoin de votre soutien. 

Mais revenons tout d'abord à ces sensations qui sont difficiles à décrire, ce sentiment de faire partie d'un tout sans parvenir à le décrire véritablement puisqu'il est « in progress ». Faire partie de l'équipe « créative », travailler pour le cinéma, ce sont surtout des atmosphères, des moments magiques entrecoupés de périodes de stress intense mais éphémère... et on le sait ! (ça aide à gérer 😉)

Tout mon bla-bla ne pourra jamais vraiment décrire ce qui se passe véritablement dans l'atelier de costumes, sur le plateau ou dans le bureau de production, mais voici malgré tout quelques images de mon quotidien cinématographique.


Moments de doute...


Magic hour !


Essayages... dans les toilettes du studio... 


ou dans mon bureau ! 😊

Je disais plus haut avoir besoin de vous et voici pourquoi. L'un de mes projets va participer à un concours et doit récolter le maximum de votes. Cela n'engage à rien du tout, personne ne vous demandera d'argent à aucun moment, il suffit de voter pour le projet et c'est tout !

Le projet est une série de films qui sont autant d'adaptations de contes traditionnels dont l'action est transposée de nos jours afin d'aborder des thématiques ciblées : le harcèlement sexuel, l'extrême pauvreté, le crime organisé, ...

Le concours est entièrement en anglais et le titre du projet est donc TALE ME.



Il existe une page facebook si vous avez un compte et souhaitez en apprendre un peu plus. 


Sinon, le concours débute le 18 septembre sur la plateforme Storyhive et se termine le 22.  


Pendant 5 jours, notre petite équipe va tenter de contacter la terre entière pour demander aux gens de voter. 

Si vous pouvez aider d'une manière ou d'une autre en demandant à vos amis, votre famille, vos collègues de voter, en parlant du projet sur facebook, sur votre blogue, dans la rue, dans l'escalier, partout, partout, partout, ce sera magique... comme dans les contes. 😊

Et... ACTION !

samedi 2 septembre 2017

Bla-bla & Milena

Après mes deux précédentes lectures traitant de terrorisme et de nazisme, j'avais grand besoin d'une bouffée d'oxygène et d'un peu de fantaisie.

Comme, parallèlement, cela faisait une éterrrrrrrnité que je n'avais pas participé à mon troisième challenge, celui de Martine et de son beau voyage italien, 


un nom est apparu comme une évidence : Milena Angus ! 

J'avais dans ma liseuse le titre suivant : While the shark is sleeping. Le choix fut donc simple. 

Plus qu'un roman, ce livre s'est plutôt avéré être une galerie de portraits, ceux de personnages qui auraient très bien pu être une autre branche de la famille de la Comtesse de Ricotta ! 😊

J'ai aimé retrouver le ton faussement léger de Milena Angus, cette manière qu'a cette écrivaine d'aborder des sujets graves sous des airs un peu farfelus et par le biais de personnages empêtrés dans leurs propres rêves, mais prêts à tout pour continuer à savourer la vie. 

Transformer le toit abandonné d'une maison où chacun vient déposer des rebuts en merveilleux jardin, danser avec un bel homme même en sachant qu'il est totalement inaccessible, avoir des cartes postales des lieux que l'on souhaite visiter, jouer avec la vie, la mort, l'amour et se demander ce que Dieu peut bien penser de tout ça, voilà l'univers dans lequel nous convie Milena Angus et l'on s'y évade avec plaisir.   

Petit bémol toutefois concernant la relation sado-masochiste entretenue par l'adolescente/narratrice avec son « amant ». Même si cette relation a du sens au sein du livre, ce sont des descriptions dont je me serais passée. Ma lecture n'en aurait pas souffert, alors que cette jeune fille, elle, souffre. Comme on dit au Québec, cela venait un peu « casser le party » dans cette atmosphère bien particulière créée par l'auteur. Il se peut qu'il s'agisse d'une intolérance tout à fait personnelle à cette forme de sexualité, mais je souhaitais le signaler ici, pour celles qui seraient comme moi.   


Cette lecture me permet de poursuivre ma 3ième ligne du Petit Bac d'Enna en complétant la catégorie ANIMAL.



Parlant de cette troisième ligne, elle devrait ressembler à ceci :

Prénom
Claudine à l'école de Colette (pour tenter de combler une de mes nombreuses lacunes !)

Lieu
La plage de Marie Nimier (parce que ce livre m'intrigue...)

Couleur
L'année noire  d'Ismaïl Kadaré (pour tenter de combler une autre de mes nombreuses lacunes !)

Animal
While the shark is sleeping de Milena Angus

Objet
Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke (parce que c'est un de mes auteurs préférés)

Sport/Loisir
Danser les ombres de Laurent Gaudé (pour tenter de combler encore une autre de mes nombreuses lacunes !)

Personne connue
Terry - The Life of Canadian Terry Fox by Douglas Coupland (parce que j'ai découvert que je vivais dans la ville de Terry Fox !!!!)

Aliment/Boisson
Beignets de tomates vertes de Fannie Flagg (parce-que Aude/Blondie a beaucoup aimé)

Famille

Mort
Le vase où meurt cette verveine de Frédérique Martin (parce que ce titre revient souvent dans mes recherches pour différentes raisons et je voudrais bien savoir finalement de quoi il s'agit !)

Puisque mes passages par ici se font un peu rares ces temps-ci, je profite de l'occasion pour ajouter quelques photos de cette merveilleuse Colombie-Britannique où je vis désormais et dont je découvre un peu plus chaque jour les multiples charmes.

White Rock

White Rock


Vancouver

Après « Où est Charlie ? », voici « Où est JJ ? » 
😉 

Take care ! ❤




 




mardi 15 août 2017

Lectures croisées : quand les choses dérapent

Généralement, en été, j'ai des lectures légères du type Rainbow Rowell ou Katherine Pancol. Il semble qu'à ce niveau-là (comme à beaucoup d'autres déjà) l'été 2017 fasse exception puisque j'ai lu sur... le terrorisme et le nazisme ! Précisons toutefois que j'ai effectué ces lectures croisées en excellente compagnie puisque c'est à travers les mots d'une part de :  

Tahar Ben Jelloun


et, d'autre part de :

Jacques Prévert



que je l'ai fait.

La première lecture n'était pas prévue et m'a été offerte par Enna. Elle constitue d'ailleurs le premier titre, colonne FAMILLE, de ma troisième ligne du



Mais avant cela, il me fallait terminer ma deuxième ligne, colonne PERSONNE CÉLÈBRE, avec un titre choisi comme lecture commune avec Aude/Blondie

Voici comment je me suis donc retrouvée à lire coup sur coup :


 et 

Les liens qui se sont établis entre ces deux textes m'ont poussée à les présenter conjointement en tant que lectures croisées. 
Des thèmes récurrents sont en effet apparus.

Les blessures du passé

Tahar Ben Jelloun commence par séparer le terrorisme politique de toute connotation religieuse afin de revenir aux sources du phénomène : défendre son territoire contre l'envahisseur. 

À ce propos, il évoque les humiliations et haines ancestrales transmises de génération en génération, comme celle, historique, qui anime globalement juifs et musulmans.


En passant, il nous rappelle aussi que les résistants français durant la guerre étaient aussi considérés comme des terroristes. 

Quand la diplomatie demeure inefficace, il peut s'avérer nécessaire (et courageux) de prendre les armes. 

Jusqu'ici... tout va (presque) bien. Le terrorisme est une forme de guerre, absurde certes, mais avec des motifs que l'on peut expliquer.

Jacques Prévert, de son côté, à son époque, évoque la colonisation et la récupération politique pour justifier la violence.

Car sans les mouches, pas de chasse-mouches, sans chasse-mouches pas de Dey d'Alger, pas de consul... pas d'affront à venger...  



La colonisation demeure encore de nos jours la toile de fond pleine d'hostilité de nombreuses relations internationales.

Les difficultés du présent et l'absence d'avenir

Tahar Ben Jelloun parle ensuite du terreau fertile que sont les populations des pays en guerre.

Peu ou pas de perspectives, des difficultés quotidiennes, des situations déprimantes, un sentiment d'insignifiance.

Jacques Prévert évoque pour sa part les années trente, les temps de crise économique et sociale.

Les mêmes thèmes reviennent. 

Vous auriez vu... les familles de huit enfants « qui crèchent à huit dans une chambre » et si vous aviez été sages vous auriez eu la chance et le plaisir de voir le père qui se lève parce qu'il a sa crise, la mère qui meurt doucement sur son dernier enfant, le reste de la famille qui s'enfuit en courant et qui pour échapper à la misère tente de se frayer un chemin dans le sang.

Encore et encore.

Le soleil brille pour tout le monde, il ne brille pas dans les prisons, il ne brille par pour...

ceux qui passent leurs vacances dans les usines...

ceux qui fabriquent dans les caves les stylos avec lesquels d'autres écriront en plein air que tout va pour le mieux...

ceux qui ont le pain quotidien relativement hebdomadaire...

ceux qui croupissent...

ceux qui voyagent sous les roues...

ceux dont on prend les empreintes...

ceux qu'on fait sortir des rangs au hasard et qu'on fusille...

ceux qui vieillissent plus vite que les autres...



De quelle époque date cette image ?

La religion comme antidote pour les uns 
et outil de pouvoir pour les autres

Tahar Ben Jelloun en vient ensuite à sa religion, l'Islam, dont il rappelle la beauté et la grandeur, dont il redit les préceptes humanistes et pacifiques. 

Il déplore ensuite les faiblesses qui en font un outil facile pour les personnes avides de pouvoir

*le fait, par exemple, que tout musulman s'en jugeant capable peut devenir imam, et qu'aucune autorité religieuse n'a à approuver ou désapprouver cela.

*l'existence de la « maison de l'Islam » au sein de laquelle la communauté prime sur chaque individu, base fondamentale du dogme islamique, à l'origine de tant d'incompréhensions.

Prévert parle lui aussi de religion, d'une autre religion, de guerre aussi, d'une autre guerre, et ses mots résonnent étrangement.

Ceux qui donnent des canons aux enfants
Ceux qui donnent des enfants aux canons

***

Attention ! L'ennemi n'est pas en face !
Il est derrière toi.
Il parle la même langue que toi !
C'est lui qui te pousse à la mort.

***

Les Commandements de Dieu
Garde à vous
repos éternel
garde à vous
garde à vous
l'arme à la bretelle
en avant marche et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté
section halte
couchez-vous... aplatissez-vous...humiliez-vous...
enfouissez-vous...
rampez
garde à vous garde à vous
contre tous ceux qui osent lever la tête
feu à volonté

L'espoir

Tahar Ben Jelloun consacre la fin de son livre à la répétition des solutions qui existent et qu'il nous faut continuer de mettre en place encore et toujours avec la même volonté de paix : éducation, culture, ouverture d'esprit de part et d'autre, et humanité. 

Jacques Prévert, fidèle à lui-même, appelle à la solidarité et fait parler les hirondelles.

... depuis le temps qu'il attend que ça change
il commence à en avoir assez
soudain il se lève
soudain il s'en va
à la recherche des autres
des autres
des autres qui ne mangent pas parce qu'ils n'ont rien à manger
des autres tellement fatigués
des autres assis sur les trottoirs
et qui attendent
qui attendent que ça change et qui en ont assez
et qui s'en vont à la recherche des autres
tous les autres
tous les autres tellement fatigués
fatigués d'attendre
fatigués...
Regardez dit l'hirondelle à ses petits
ils sont des milliers
et les petits passent la tête hors du nid
et regardent les hommes marcher
S'ils restent bien unis ensemble
ils mangeront
dit l'hirondelle
mais s'ils se séparent ils crèveront
Restez ensemble hommes pauvres
restez unis
crient les petits de l'hirondelle
restez ensemble hommes pauvres
restez unis
crient les petits
quelques hommes les entendent
saluent du poing
et sourient.


Après les mots de ces grands hommes, je ne sais que dire si ce n'est de renouveler ici aujourd'hui ma foi en l'être humain et d'écrire noir sur blanc que nous ne sommes pas dupes, que nous savons tout à fait d'où vient le vent mauvais et qu'il nous faut continuer d'opposer aux forces politiques et économiques de tous pays, quels que soient les masques dont elles se couvrent le visage, des mots et des images d'espoir, une culture universelle qui refuse de se retourner trop longtemps sur tant d'horreurs passées et pose plutôt son regard sur un avenir au sein duquel chacun peut et doit trouver sa place.



vendredi 4 août 2017

My city and other animals

J'emprunte (et me permet de légèrement modifier) le titre de Gerald Durrell pour vous parler un peu plus de mon nouvel environnement que je découvre avec bonheur un peu plus chaque jour.

Le hasard (ou peut-être n'en est-ce pas un ! 😉) a placé de nombreux animaux sur mon chemin.

1 - Les moineaux du village olympique à Vancouver




Je voulais absolument voir ces oiseaux depuis que je les avais repérés 
dans la série


En faisant quelques recherches, j'ai vite découvert qu'il y avait un lien avec Hitchcock et je dois avouer que je ne trouvais pas cela vraiment très « rassurant » n'est-ce pas ?!?! 

Certains journalistes voulaient plutôt y voir un remède contre le mal du pays pour les athlètes, ce qui est... mignon ! 

Mais... la réalité est toute autre et m'a bien fait rire. Myfanwy MacLeod, l'artiste derrière ces gigantesques sculptures, explique le fond de sa pensée ainsi :

“I thought: Wouldn’t it be great to have a giant frickin’ bird? That was it. Afterward, I had to relate that to the competition brief. How does the idea fit in with what they wanted to spin? Do I have to have a reason more than: I want to see a big-ass bird? Of course, but we create narratives to explain things in a tidy way, and there’s that impulse to do that as an artist. But it’s really artificial.”

“The decision to use sparrows was a conscious choice. I wanted an urban bird, but pigeons are depressing, and seagulls, no, not a crow or raven— too Pacific Northwest. But sparrows are fat and cute and sweet and they’re everywhere. House sparrows are known as alien invaders because they’re non-native to North America, and once they were introduced, they became a dominant species. That’s interesting, and I found the oppositional rhetoric weird. It’s almost xenophobic.”

Et vlan ! Comment tirer parti du système de financement d'une part pour faire ce que l'on veut et comment, d'autre part, faire dire exactement le contraire à une oeuvre que ce qu'elle semble envoyer comme message.

Subjectivité, quand tu nous tiens ! 😉

2 - Les décorations de jardin de mon voisin


Mieux que les nains, non ? 😂

3 - La bête-cheval de Maple Ridge


Cette bête-là, nous l'avons croisée à Maple Ridge juste à-côté de Service BC où nous étions venus pour effectuer quelques démarches administratives. En sortant, près de l'hôtel de ville, je vois cette sculpture; je dégaine donc mon téléphone et clic clac. Mais, je constate vite que la bête en question ne semble pas très accueillante avec ses crocs bien visibles. 

Pourquoi mettre une telle « bête » à l'entrée de la ville ? 

Parce-qu'elle est associée à une légende et veille... sur un bien beau trésor !

Depuis la nuit des temps, la « bête » vivait à Maple Ridge, dans la vallée des montagnes Golden Ears, en harmonie avec Mère Nature. Cette dernière aimait venir se reposer ici, près de la « bête ».

Malheureusement, l'homme commença à détruire la nature et Mère Nature eut de moins en moins de temps tant elle devait travailler pour sa survie. Alors que l'homme était sur le point de détruire définitivement la nature, la « bête » rugit et descendit dans la vallée de Golden Ears.

La bataille fut féroce, car la « bête » n'avait pas la clémence de Mère Nature.

Après le combat, alors que Mère Nature reprenait des forces, elle constata à quel point les blessures de la « bête » étaient profondes et comprit qu'elle ne pourrait pas la sauver. D'abord très triste, elle fut ensuite très en colère et déclara : 

«  Puisque vous avez tué la « bête », je vais la faire revivre sous la forme d'une statue. Ceux qui l'ont détruite seront enfermés à l'intérieur et seront condamnés à regarder à chaque instant les désastres qu'ils causent à la nature.

De plus, moi, Mère Nature, je souhaite donner une seconde chance à l'humanité de prouver son intelligence et de sauver la nature.

Je lance aujourd'hui « l'horloge du temps » et le temps qu'il reste à la planète dépend des actions posées. »

On ne plaisante pas avec l'écologie à Maple Ridge.

4 - Toujours plus de poissons


Poisson-banc


Poisson-mosaïque


5 - Et une petite chatte très câline


Nous l'avons appelée Poppy (hé, hé, les coquelicots ne sont jamais loin !😊 )

Parlant des coquelicots que j'adore toujours autant... ils ornent, non loin de la maison, une armoire électrique commémorative que j'ajoute à ma collection


 et que j'avais tout d'abord repérée... de côté.

J'ajoute aussi cette autre dont, pour un peu, on pourrait presque sentir la bonne odeur !😊


À bientôt ! 

samedi 29 juillet 2017

Quelques nouvelles

Entre contrats préalables, démarches administratives actuelles et tournages qui déboulent, je manque de temps pour bloguer.



Mais je lis malgré tout, enfin disons plutôt que... j'écoute les mots de Tahar Ben Jelloun lus par Jean-Paul Solal.


J'ignore quand je serai en mesure de publier un billet sur cette écoute (rendue possible grâce au prêt du livre audio par Enna à qui j'adresse UN TRÈS GROS MERCI !), mais il y aura assurément énormément de choses à en dire. Décortiquer les mécanismes du terrorisme renvoie à l'histoire, la culture, l'éducation et s'avère parfois très déstabilisant, mais toujours intéressant. Je vous en reparle bientôt.

Passez un bel été ! 🌞

lundi 24 juillet 2017

Un dimanche à la plage

Dimanche dernier, nous sommes partis voir l'océan ! 😊 C'est en grande partie pour lui que j'ai personnellement entrepris ce voyage, alors il me tardait de le rencontrer... enfin ! 

Il ne m'a pas déçue et notre première rencontre fut une expérience des plus sensorielles !

J'ai senti le vent dans mes cheveux.


J'ai senti le sable sous mes pieds.


et... j'ai été saisie par tant de fraîcheur !!! 


C'était à Kitsilano et c'était beau ❤

Pour la petite histoire, nous avions choisi Kitsilano, car c'était la plage la plus simple à rejoindre depuis chez nous, mais il semblerait que ce soit aussi peut-être l'une des plages les plus huppées de Vancouver. Cela reste à vérifier, mais disons que nous étions à peu près les seuls dans le quartier à nous déplacer en Avéo !😂 Mercedes et BMW nous entouraient sur le stationnement ce qui demeure quand même assez fréquents, mais quand, arrêtés au stop, j'ai fait remarquer à JJ que se trouvait à notre gauche une Maserati et qu'il m'a répondu : « Oh excuse-moi, je regardais la Ferrari de l'autre côté ! », là, on s'est dit qu'on était peut-être un peu « hors jeu » à Kitsilano, mais bon... l'océan est à tout le monde, hein ! 😊 On a passé un merveilleux moment et on y retournera c'est certain... à bord de notre Avéo ! 😂

lundi 17 juillet 2017

Etta and Otto and Russell and James by Emma Hooper

Il y a des livres qui arrivent comme ça dans nos vies de lectrices/lecteurs et qui laissent des traces que l'on sait déjà éternelles, et cela ne tient pas seulement à la « qualité » du livre, au fait qu'il soit « bon », mais au(x) moment(s) qu'il a accompagné(s) et magnifié(s).

Voici donc l'histoire de ma rencontre avec le petit monde d'Emma Hooper.

Afin d'optimiser mes lectures, j'aime bien dénicher des titres qui répondent à plusieurs challenges. Ce faisant, je trouve souvent des titres qui me sont totalement inconnus et j'aime me lancer dans ces découvertes aventureuses.

Ici, il me fallait donc trouver un titre avec un prénom pour combler la colonne correspondante de ma deuxième ligne du challenge d'Enna 



et un roman épistolaire afin de poursuivre ma participation au challenge de Aude. 


Les recherches furent longues et quand j'ai enfin réussi à trouver ce titre qui comporte non pas un mais quatre prénoms et qui contient des lettres, et que le tout existait en numérique, je n'ai pas osé lire le résumé, de peur d'avoir à tout recommencer.

Et la lecture a donc commencé... 


J'ai très vite constaté que l'histoire se déroulait au Canada... amusant ! 😊

Et qu'au fil des pages, j'allais suivre Etta, une femme... qui traverse le Canada ! 

Bon, l'identification s'arrête là puisque Etta a plus de 80 ans, qu'elle effectue le trajet dans l'autre sens en partant de la Saskatchewan et surtout qu'elle fait toute la route... à pied ! 

Mais... tout de même. 

Or, ce petit livre « écrit pour moi » n'avait pas fini de livrer ses secrets. 

Plus loin, j'ai découvert qu'Otto se découvre un hobby et qu'il fabrique toutes sortes de choses... en papier. Celles et ceux qui me suivent en peu se souviendront ici de mes petites créations à partir de livres recyclés. 






Otto, lui, recycle les journaux, mais... tout de même. 

Puis, il y a la relation entre Otto et Etta, inexplicable, inexpliquée, mais durable, forte et belle, même lorsqu'ils sont séparés par la guerre ou par un long voyage. JJ et moi n'avons pas connu la guerre, et notre séparation le temps du voyage entre le Québec et la Colombie Britannique n'a pas duré aussi longtemps que celle d'Etta et d'Otto, mais tout de même.

Et puis, il y a tous ces petits clin d'oeil qui agrémentent le livre et qu'on dirait tirés de ma propre vie :

His voice struggling to say so much, so fast, in a language not his own...

Là, vous imaginez combien depuis mon arrivée au BC, je connais chaque jour cette sensation lorsque je parle anglais !😉

Ou encore :

Is there a grocery store nearby ?

The attendant cocked his head and pointed at a sign taped to the cash register that read, EN FRANÇAIS S'IL VOUS PLAÎT. 

Which was how Etta realized she had made it to Québec.

Right, said Etta. Okay. Um... pouvez-vous dire moi où je trouverais une shoppe de grocerie ?

That's better, said the attendant, in English. I just like a little effort, you know ? So close to the border, it's easy to fell forgotten, you know ? So, thank you.

Petit dialogue qui résume à lui seul la situation du Québec francophone résistant face au géant anglophone et qui m'a beaucoup émue, me faisant soudain réaliser concrètement que je quittais la Belle Province qui fut mon « chez moi » pendant 15 ans.

Alors voilà, au final, je ne sais vraiment pas dire si ce livre est « bon » ou « mauvais » et s'il vous plaira à vous, chers lecteurs, chères lectrices, qui me lisez, car vous l'avez compris, ma relation avec les mots et les personnages d'Emma Hooper s'est avérée être vraiment très personnelle, mais... tout de même !